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Conclusions

Rappel des contraintes

  • Le système mutualiste est neuf, dans un environnement de solidarité volontaire
  • Hiérarchies et cloisonnements
  • Les prestataires confrontés à leurs conditions de travail

Conclusions

Comme chacun le sait, la relation avec les prestataires de soins est primordiale. En 2003, lors de la création des premières mutuelles par Louvain Développement, le concept mutualiste était peu connu et les prestataires de soins n'échappaient pas à la règle. Une méfiance mêlée d'incompréhension avec parfois, la recherche du profit immédiat (sur-prescription) pesaient sur les relations. Les problèmes liés à la motivation, le manque de mesures incitatives pour un travail bien fait posent aussi beaucoup de débats dans le système public. En outre, les prestataires dans les centres de santé répondent à une hiérarchie, elle aussi, peu au fait du concept mutualiste et ses implications.

Ainsi, une action simultanée sur les mutuelles de santé, les prestataires de soins et leurs autorités (du niveau intermédiaire au niveau central) pourrait aboutir à une meilleure intégration des activités liées à la mutuelle dans le travail des prestataires et le suivi des autorités. Actuellement, les travaux liés aux mutuelles de santé sont considérés comme « exogènes ». Les prestataires de soins demandent une « motivation » pour ce travail « supplémentaire ». De plus, leur prime est bien souvent liée au pourcentage de la vente des médicaments ce qui les amène à surprescrire sachant que le mutualiste est solvable. Ceci porte préjudice aux malades dans la mesure où un ticket modérateur est de vigueur. Dans des cas extrêmes, et pour un même service, on voit des mutualistes payer un ticket modérateur aussi élevé qu'un non-mutualiste payant le prix plein.

Une volonté politique conjuguée à un appui visant à améliorer les pratiques, la gestion et le suivi permettrait d'éviter ce genre de situation et favoriserait l'accès aux soins à la majorité de la population.

Bien que des cadres de concertation soient créés et que des conventions liant les prestataires et les mutuelles améliorent cette situation, certaines problématiques propres au système de santé demeurent, comme la stabilité du personnel, la bonne gestion... Les cadres de concertation, au-delà des bénéfices directs qu'ils apportent (lever les incompréhensions, apporter des solutions concertées aux problèmes posés, créer une émulation entre les prestataires de soins…) constituent de véritables lieux où les représentants des mutuelles apprennent le plaidoyer. On constate des avancées ayant un impact direct sur la qualité des soins dans les formations sanitaires qui participent à un cadre de concertation avec des représentants de mutuelles de santé. Ceci n'est pas négligeable dans un contexte hiérarchisé où les populations ont bien souvent une attitude « effacée » face à des prestataires répondant d'un niveau d'instruction beaucoup plus élevé.

Le transfert des compétences aux mutualistes et au personnel sanitaire pour l'animation du cadre de concertation représente une difficulté à surmonter. Dans l'idéal, l'organisation et l'animation devraient être le fruit d'un travail conjoint de l'offre (les prestataires) et de la demande (les mutualistes). Comme mentionné dans ce thème, le promoteur assure ce rôle au début. Peu à peu, certaines activités peuvent être reprises par les mutualistes. Cependant, certaines considérations techniques nécessitent la présence du médecin-conseil (dont le salaire ne peut être supporté par une seule mutuelle). De plus, les prestataires ont du mal à prendre une part active dans l'organisation des réunions (déterminer l'ordre du jour, envoyer les invitations..). Ils y participent, à l'initiative, des mutuelles. L'orientation serait d'octroyer l'organisation, la coordination et l'animation de ces réunions à une union des mutuelles (qui rassemblera un pool de compétences plus pointues au service des mutuelles membres).

 

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Réalisation: www.afd-ld.org (Alexandra Jacoby, Catherine Le Clercq, Pascal Bajoit)